À travers une séparation, l’île familiale se dissout. La famille entière se sent déboussolée et perd ses repères. À travers le tsunami émotionnel qui déferle, il est primordial qu’une nouvelle île émerge: celle de la coparentalité. Comment envisager de s’y rejoindre quand tout nous sépare et que les vents soufflants nous repousse loin l’un de l’autre? S’ancrer aux besoins de vos enfants sera la solution. Cette ancre sera votre meilleur alliée.
Il est important de mentionner que la coparentalité saine est le meilleur moyen de protection pour le développement et le bien-être de vos enfants. Le plus grand danger pour un enfant après la séparation n’est pas l’adaptation à la séparation elle-même mais les conflits parentaux persistants. Les conflits parentaux entraînent un stress chronique, un sentiment d’insécurité et parfois un conflit de loyauté important.
Bien que vous ne soyez plus un couple et que votre structure familiale change, vous demeurez des parents. Pour se développer de façon optimale, vos enfants ont besoin d’un équipe parentale solide capable d’éviter les pièges qu’entraînent le passage d’un couple conjugal à un couple parental.
Règles de la coparentalité saine
Pour créer un climat de coparentalité sain,vos conflits conjugaux doivent appartenir au passé. Les débordement émotionnels ne doivent pas déborder sur le cadre familial. Il est important pour vos enfants que vous mettiez de côté colère et rancœur dans le but de coopérer à leur éducation.
Vos enfants doivent avoir la certitude qu’ils sont aimés par leur 2 parents. Ils doivent ressentir avoir le droit d’aimer leur 2 parents.
Pour que ces certitudes s’ancre chez vos enfants, il vous faut comprendre et embrasser les piliers de la coparentalité.
Les 3 piliers de la coparentalité
Dans le but de permettre à vos enfant de s’adapter à la séparation et à votre nouvelle structure familiale, la coparentalité doit reposer sur une communication fonctionnelle, des parents solidaires ainsi que sur votre respect l’un de l’autre.
Communication fonctionnelle
Pour partager une communication fonctionnelle, il n’est pas nécessaire d’avoir de l’empathie pour l’autre parent. Il vous suffit d’échanger des informations factuelles et neutre sur ce qui concerne vos enfants. Cette communication sera votre meilleur outil.
De clair, demeurez centré sur les informations et les aspects logistiques concernant les enfants (horaire, rendez-vous, activités, santé, école, etc.). Privilégier des canaux écrits (courriels ou application de coparentalité) peut également vous aider à éviter les débordements émotionnels. Les canaux écrits permettent également de conserver une trace neutre de vos communications. Faites en sorte que vos échanges soient brefs, précis et polis.
Solidarité parentale
La solidarité parentale signifie que vous ne vous contredisiez pas devant vos enfants. Vos règles peuvent et différeront assurément d’un domicile à l’autre. Cependant, l’important est que vos règles et valeurs fondamentales doivent être cohérentes.
Le respect de la place de l’autre
Cela signifie la compréhension que vos enfants ont besoin de leur 2 parents pour se construire, indépendamment de ce que vous pensez de votre ex-conjoint.
Construire l’équipe parentale
Comprendre les 3 piliers est une chose mais une question demeure: Comment arriver à construire une coparentalité saine quand nos propres émotions et nos blessures l’emportent?
Il faut d’abord accepter que la fin de votre couple conjugal est jouée. Maintenant, votre relation de coparentalité doit être construire. Les règles du jeux sont différentes et il est important de vous appropriez ce nouveau fonctionnement.
Il peut être déstabilisant de ne pas s’appuyer sur la validation de l’ex-conjoint dans vos prise de décision au quotidien.Un temps d’adaptation sera nécessaire pour vous permettre d’apprivoiser vos nouveaux rôles.
Pour construire une équipe parental solide vous devrez reconnaître la légitimité de l’autre parent . Reconnaissez à l’autre parent la compétence et le droit de prendre ses propres décisions, dans son foyer, tant que cela ne les met pas en danger. Efforcez-vous de faire preuve de respect et de courtoisie même lors de vos désaccords.
Les règles du jeu: cohérence et flexibilité
Pour arriver à vivre une solidarité parentale, votre structure de réponse aux besoins de vos enfants doit être prévisible. Cela leur apportera stabilité ainsi qu’un sentiment de sécurité.
Établissez ensemble d’une structure cohérente (règles, valeurs, etc.) que vous mettrez en place dans vos foyers respectifs. Dans la mesure du possible, tenter de vos entendre sur les règles de bases (discipline, comportements attendus) afin que les enfants n’aient pas à s’adapter aux attentes d’un domicile à l’autre. Vous devez cependant accepter qu’il est possible que l’heure du coucher et les repas, par exemple, ne soit pas exactement les mêmes chez l’autre parent.
Établissez également un calendrier clair de partage du temps parental de sorte que les enfants se voient offrir une stabilité et de la prévisibilité en lien avec les contacts avec chacun d’entre vous.
Reconnaître la place de l’autre parent : un besoin vital pour les enfants
Le fait de ne pas reconnaître la place et la légitimité de l’autre parents peut entraîner des difficultés de développement de l’identité chez les enfants.
Les enfants sont biologiquement et symboliquement un mélange de leurs parents. Respecter l’autre parent autorise l’enfant à s’aimer lui-même et accepter entièrement ses racines. Respecter l’autre parent, c’est confirmer à vos enfants que chacune des parties d’eux-même sont bonnes, même les parties qu’ils partagent avec l’autre parent.
Lorsque vous faites preuve de respect envers l’autre, vous permettez à vos enfants de ne pas choisir un camp. Ils peuvent être simplement des enfants, sans avoir à prendre soin de la susceptibilité d’un parent lorsqu’il exprime ce qu’ils ressentent ou pensent.
Pour un enfant, voir ses parents se respecter (même sans s’aimer) signifie que son monde est stable. Il comprend que les adultes gèrent la situation et que le lien familial, bien que transformé, reste solide.
Comment se traduit concrètement la coparentalité saine
Voici quelques exemples concret d’une coparentalité saine
- Le droit à la différence : Accepter que chez l’autre, l’heure du coucher ou le menu soit différent, sans le vivre comme une attaque personnelle ou une incompétence.
- La circulation de l’information : Tenir l’autre au courant des événements importants de la vie de l’enfant (résultats scolaires, santé) sans qu’il ait besoin de « quémander ».
- L’accueil des émotions de l’enfant : Permettre à l’enfant de dire « Papa me manque » ou « Je me suis bien amusé avec Maman » sans montrer de signe d’agacement ou de tristesse.
- La valorisation symbolique : S’assurer que l’enfant puisse offrir un cadeau pour la fête des mères/pères ou l’anniversaire de l’autre parent.
Piège à éviter
Certains comportements sont à éviter dans la construction de votre coparentalité. Par exemple, éviter d’utiliser les enfants comme messagers ou comme espions. Si vous souhaitez dire quelque chose à l’autre parent ou savoir ce qu’il fait avec les enfants, posez lui la question directement en utilisant les canaux de communication neutres que vous aurez choisis.
Évitez également de confier vos peines d’adulte à vos enfants. Cela pourrait entraîner un conflit de loyauté. En effet, les enfants pourraient se sentir dans l’obligation de choisir un camp. Dans le même ordre d’idée, il faut également éviter de critiquer l’autre parent devant les enfants. Cela pourrait affecter le développement de leur identité à long terme.
Conclusion
En résumé, la coparentalité saine offre à vos enfants la cadeau de se sentir libre de vous aimer tous les 2, sans culpabilité. Cela leur permettra de se sentir en sécurité dans votre nouvelle structure familiale.
Ce sentiment d’amour et de sécurité est le plus beau cadeau que des parents puissent offrir, qu’ils soient ensemble ou séparés

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